Charges.
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Les charges accumulées peuvent
produire de petites décharges sous forme d'étincelles aux endroits ou la distance avec d'autres masses
métalliques réunies à la terre est assez réduite pour que le potentiel disruptif soit atteint.
Ces décharges, d'apparence anodines, peuvent être désagréables et parfois dangereuses. Si on approche
la main du fil de descente on ressent une décharge fort désagréable, mais très rarement dangereuse pour
l'homme, étant donné la brièveté du passage du courant; mais toute décharge constitue une étincelle
susceptible, soit de claquer des isolants( condensateurs, prises coaxiales), soit allumer des vapeurs
d'essence, d'alcool ou des gaz provenant de fuites; bien des explosion ou des incendies n'ont pas
d'autre cause. Il faut donc mettre les antennes à la terre, soit par un gros conducteur, soit par un
circuit (bobine de couplage à un étage final par exemple).
Un circuit résistant peut aussi écouler
les charges et empêcher d'atteindre des tensions importantes sans pour autant dériver une énergie H.F.
notable pendant le fonctionnement des circuits. Le mieux est encore de munir l'antenne d'une protection
efficace, même pendant le fonctionnement, en créant un point particulier de décharge convenablement
protégé, par exemple avec un tube éclateur, ou un simple tube au néon qui s'amorce dès que la tension
atteint 80 volts; la décharge se produit sous ampoule de verre et élimine tout danger d'explosion ou
d'incendie.
Les nuages orageux sont d'énormes
cumulo-numbus pouvant couvrir plusieurs dizaine de kilomètres carrés et atteindre une épaisseur de 5 km,
ils sont le siège de violents courants ascendants pouvant atteindre 20 mètres par seconde. Survolés en
avion on peut y observer le résultat de ces courants sous la forme de bouillonnements voire de
véritables éruptions. Les orages de chaleur sont dus à des courants ascendants d'air surchauffé au
contact du sol (orages tropicaux). Les orages cycloniques des régions tempérées sont dus à la
rencontre des masses d'air ayant des températures et des humidité très différentes, provoquant des
déplacements verticaux et des condensations, ils peuvent contenir 2 à 3 grammes d'eau par mètre cube
(3 millions de kilogrammes d'eau par kilomètre cube), soit des milliers de tonnes d'eau soulevées et
condensées. Par temps d'orage le champ moyen reste faible, mais des charges de signe contraire
apparaissent dans le nuage lui-même. Lorsque le champ à l'intérieur du nuage atteint des valeurs
suffisantes, des décharges font leur apparition, soit à l'intérieur du nuage, soit entre nuages de
signes opposés, soit entre nuage et sol. Les points de chute sont assez mal connus, beaucoup n'ayant pas été (ou mal)
observés. On connaît mieux ceux qui se situent le long des lignes à haute tension parce qu'ils on fait
l'objet d'études systématiques. On estime approximativement de 5 à 30 points de chute systématique par
département français. Les points frappés paraissent dépendre de la structure du proche sous-sol et de
sa conductibilité, en fait, le relief favorise plus ou moins les courants ascendants et par conséquent
la fréquence des décharges, les points élevés étant toujours plus exposés.
L'allure de croissance du courant dans
l'éclair en fait une onde à front raide qui franchit difficilement les solénoïdes, sortes d'inductances
placées à l'entrée des lignes à haute-tension, et s'écoule plus facilement par les parafoudres.
L'induction produite par ces courants engendre des signaux dits" parasites atmosphériques"; ils sont
surtout sensible en grandes ondes (gamme de 100 à 500 KHz) jusqu'à des milliers de kilomètres mais
encore nettement perceptibles en THF à quelques centaines de kilomètres; les antennes rotatives
utilisées sur ces fréquences permettent de situer facilement la direction de l'orage .
Le paratonnerre lui-même ne constitue qu'une protection limitée
à un volume conique d'ouverture 90° et ayant la pointe du paratonnerre pour sommet.
Dans les régions tropicales on compte jusqu'à dix décharges
internes pour une au sol; dans nos régions tempérées la proportion est de 0,7. L'éclair, sauf
exceptions assez rares (éclair en chapelet, en boule ou en nappe) est un trait lumineux plus ou moins
sinueux de direction généralement bien déterminée, avec des ramifications dirigées dans le même sens;
le rameau qui s'étend jusqu'au sol est le plus lumineux. Les éclairs peuvent se succéder à intervalle
de 10 à 30 secondes, parfois quelques minutes suivant la rapidité de formation des charges.
Des
études très poussées ont été faites sur la décharge orageuse principalement par les réseaux de
distribution électriques (E.D.F.) en raison des difficultés qu'elles leur créent. En fait un éclair est
constitué par un certain nombre de décharges partielles (de 4 à 40) séparées par des intervalles de
l'ordre du centième de seconde. La décharge est déclenchée par un trait lumineux peu brillant partant
du nuage et cheminant vers le bas par bonds successifs de 10 à 150 microseconde. La vitesse moyenne de
propagation est de 100 à 500 kilomètre par seconde.
Lorsque le trait lumineux arrive à 100 ou 150
mètre du sol, la liaison s'établit avec des effluves partant du sol à la vitesse de 20.000 à 150.000
kilomètres par seconde. Ensuite plusieurs décharges aller et retour peuvent se produire avec un
caractère oscillant.On admet que l'éclair est déclenché par un champ localisé de 25.000 volts par
centimètre pouvant être situé sur seulement quelques centimètres; les ions formés par les rayons
cosmiques sont entraînés dans le champ et il se forme alors une véritable avalanche d'électrons et
d'ions.
La force électromotrice mise en jeu est mal connue bien que certainement très élevée; on a
rarement constaté plus de 300 volts par centimètre en présence d'un sol plat mais bien plus élevé en
présence d'aspérités (de l'ordre de 25.000 v/cm pour une décharge de 2 km de haut). Soit environ 6,10°
à 5.10° volts. L'énergie pour une décharge de 20 coulombs soit 10 joules donne 10 kilowatts par
seconde; si on admet 100 éclairs par seconde sur la surface totale de la terre on arrive à 10 kilowatts
ou 1 Tetrawatt; il n'existe pas de centrale électrique de cette puissance! le courant qui explique la
luminosité de la décharge, atteint sa valeur de Crète entre 1 et 20 microseconde; sa décroissance est
comprise entre 7 et 115 microseconde.
Ce courant peu atteindre exceptionnellement 200.000 A, mais
le plus souvent se situe entre 10 et 20.000 A. Une telle onde de courant se renouvelle lors de chaque
décharge partielle.Dégâts, conséquences, précautions.
Les fusibles des lignes téléphoniques et les éclateurs à néon qui
y sont associés seraient pulvérisés par la chute directe alors qu'ils protègent efficacement
les bobinages (sonnerie, relais, écouteurs) du téléphone.
Pour conclure, nous pouvons dire que les antennes décametriques et métriques n'attirent pas plus la
foudre que les fils à linge en fer galvanisé ou les clôtures en grillage métallique. Elles constituent
tout au plus un point plus élevé.
Elles sont bien plus affectées par les charges statiques normales
par temps clair. Une sage précaution consiste à relier pylônes, mats métalliques, fils, lignes,
etc. .. en permanence à la terre.